vendredi 2 septembre 2011

Golf de Gascogne - De Camaret a La Coruna


La traversée du Golf de Gascogne n’est pas spécialement longue ou compliquée, mais il est important de l’aborder dans les bonnes conditions si on veut éviter de passer un mauvais quart d'heure. Le niveau de la mer remonte soudainement d'environ 4000 mètres en Atlantique à environ 200 mètres tout au long des cotes atlantique françaises et Espagnoles. Associée à certaines conditions météo, cette particularité du sol donne lieu à des vagues qui font le bonheur des surfeurs à Biarritz mais qui ne sont pas les meilleures amies des marins !

Malgré la beauté du lieu, le temps commençait à se faire un peu long à Camaret en attendant la fameuse fenêtre météo… Quand nous avons reçu la visite de Vince, le frère de Benoit ! Parfait pour se changer les idées, lancer une session de surf pour les messieurs, et se payer quelques verres à la fameuse rhumerie du port avec son pote Brendan. La nuit a fini a 8 sur Callisto, les moniteurs de voile de Camaret nous ayant rejoint en zodiac attirés par une promesse de ti punch a bord !

Quelques jours plus tard nous recevions une visite inattendue de Lucille, qui nous attirera vers Brest pour un des derniers « Jeudi du port » : concert des Têtes raides en plein air, véritable douche et nuit dans un lit rectangulaire (ca change, merci l’amie Lucile !). Nous croiseront même à nouveau Vince durant cette visite éclaire à « la capitale ».







Lorsque la fenêtre météo tant attendue pointe le bout de son nez, nous sommes dans les starting block : les derniers bricolages sont terminés, le bateau est rangé, nous avons préparé en avance des repas qui tiennent au corps pour les jours en mer qui s’annoncent, la navigation a été soigneusement préparées… Les quelques heures qui précédent le départ se passent au mouillage, dans une nuit complètement noire, nous nous activons en silence et l’envie de prendre la mer monte en puissance. Samedi soir 22 :00, l’ancre remonte et c’est parti, enfin !!!
Au revoir la Bretagne et ses caillou, une fois passe le ras de Sein c’est 320 miles en ligne droite : cap au 210 jusqu’à La Coruna, Espagne !




Premiers essais de notre régulateur d’allure. C’est magique, nous n’avons plus besoin de barrer et la vie à bord est bouleversée. Même lorsque l’un dort, celui qui est de quart peut se déplacer, s’occuper de la nav., se faire une eau chaude, bouquiner, ne rien faire et trouver ca genial ! Les quart peuvent être plus longs, en conséquence les temps de repos sont rallongés ! Nous alternons environs trois heures sur le pont et trois heures de sommeil, pendant les nuits et les matinées (contre deux heures avant), et cela semble suffire pour récupérer au fur et a mesure, good news pour les traversées plus longues qui nous attendent !

L’autre élément nouveau, c’est les patch anti mal de mer. 20 millimètre de diamètre collés derrière l’oreille, une petite révolution pour nous deux ! C’est presque une redécouverte de la navigation : pouvoir s’affairer a l’intérieur sans se dire qu’on a que quelques minutes avant de devoir remonter prendre un peu l’air… Voila de quoi booster un peu plus notre plaisir a naviguer, merci a Paolo pour le conseil !
Accompagnés de dauphins qui viennent jouer avec le régulateur, nous passeront quelques heures sous spi, quelques heures au moteur, et puis un vent plus soutenu venant du Nord / Nord-Est nous poussera a vitesse grand V jusqu’à arriver mardi soir a quelques petits 45 miles de la Coruna, on se voit déjà y être au petit matin !






Mais en soirée le vent tourne au sud Ouest (dans notre nez), et monte beaucoup plus fort que prévu. Force 6 établi avec rafales à 7, une houle désorganisée de 2 mètres : c n’est pas encore la tempete mais le genre de conditions dans lesquelles on essai généralement de rester au port. Inutile de se borner à essayer de tirer des bords sous les grains, un cargo joint par VHF nous confirmera qu’il ne s’agit que d’un coup de vent passager et nous nous laisseront faire pendant 20 heures au large de l’Espagne avec trois ris dans la grand voile.




Fatigués par ces derniers bords dans la « baston » mais le sourire aux lèvres, nous arrivons à la Coruna en début de nuit mercredi soir, après 4 jours de mer. Le bateau a passe le premier coup de vent sans aucuns soucis, ce qui nous laisse heureux et serein pour la suite !

Nous passons quelques jours a la Coruna pour profiter du soleil, des tapas, de la vie bruyante dans les rues d’Espagne, et passerons le cap Finistère en début de semaine prochaine si les prévisions météo restent inchangées. 

Au passage, merci de tous vos messages laisses sur le blog !!!

mardi 23 août 2011

Premieres news !

Premières nouvelles depuis que nous avons quitté Cowes le 1er Aout.
Ceux qui vivaient avec nous l'auront remarqué, les dernieres semaines a Cowes ont été un peu folles, nous avons travaillé jusqu'a 16h par jours pour finaliser les points les plus critiques.
Nous avons posé de nouveaux hublots, installé de nouvelles pompes de cale, avons plus ou moins configuré l' ordinateur portable de bord (merci a Luke !), ajouté une bache a eau... De ses propres mots, notre collocataire a eu l'impression de voir son salon se transformer en chandlery !

Notre nouveau safran, sponso Manners View, est sorti des mains de Benoit et de l'atelier deux jours avant la mise a l'eau de Callisto, pendant que je repeignais le roof, la quille, et mes chaussures !
Les paliers de safran ont finalement étés collés dans le tube de jaumière le jour suivant (un poil stressant mais nous avons finalement obtenu un alignement parfait), et Sharon apportait la touche finale a notre capote gigangtesque des les heures qui ont suivies.


Callisto fut enfin mise a l'eau, et l'aventure commencait, excitation dans les rang !

Malheureusement trois heures plus tard, apres quelques verifications de routines, nous nous sommes appercu d'une voie d'eau minuscule au niveau du bras de maintien de l'axe d'helice. Soucis réglé pas Benoit en quelques heures, mais le bateau a du ressortir de l'eau et on est arrivé en retard a dinner chez Paolo et Paola !






Aidés une fois de plus par Yannick, nous avons chargé Callisto de toutes sortes de choses durant le week-end (en passant par une échelle étant donné que le bateau était en attente de remise à l’eau à trois mètres au dessus du sol...). La belle était de retour dans l’eau le lundi matin, trois heures avant notre départ !  Un dernier sandwich bacon avocat chez Tiffin’s avec Nelly, et nous voila quittant le Yacht Haven à  la date prévue, avant la folie de Cowes week et sous un soleil de plomb. 

Cette traversée de la manche était notre dernière occasion de ramener en France les outils de Benoit et autres affaires inutiles a bord, Callisto était donc chargée jusqu’au pont, de l’étrave au mat ! Heureusement la traversee fut tranquille et sans vent, rien n’a bougé !
Nous avons croisé la flotte de “crazy frenchies” en Figaro qui tournaient une bouée sous spi au large de l’ile de Wight (magnifique !) et avons atteint la Bretagne juste à temps pour notre premier rendez-vous des vacances, le Festival du bout du Monde.







Durant deux semaines a Morlaix, nous avons alterne préparation du bateau et moments plus relax en familles, logés, blanchis, chouchoutés et gavés par les parents de Benoit.
La traversee de la manche a mis au jour les points qui demandaient le plus de travail, principalement au dessus du pont:
Nous avons rajouté des bastaques, mis en place les nouveau coinceurs de Henry (merci ! les vieux nous ont lâché en Manche…), changé quasiment tous les bouts du bateau pour des neufs (ou tout du moins des moins vieux, merci Marine !). Benoit a bien du passer 10 heures en haut du mat pendant que j’en passais 10 à essayer de caser la montagne de denrées délicieuses et de pinard ramenée par mes parents !








Le 18 Aout, nous mettions fin à cet agréable moment en famille, et quittions Morlaix direction Camaret, en passant par le chenal du four, une de ces pointes bretonnes ou le courant pousse ou repousse les bateaux comme bon lui semble.
Mon père faisait partie de l’équipage. Apres de longues années passes à apprendre à naviguer en Méditerranée sur son bateau, c’était la première fois que j’avais l’honneur de l’inviter sur mon propre bateau ! Ce fut un grand bonheur de partager ces moments avec lui. Je dois dire qu’il a été un équipier parfait, notamment en s’occupant pour nous de tout ce qui se passait à l’intérieur, Benoit et moi étant comme d’habitude sujet à un mal de mer des premiers jours à bords…





Depuis nous avons pris du bon temps à Camaret, tout en finissant de préparer le bateau pour la suite.
La presqu’il de Crozon est tout simplement sublime, plages de sable fin en bas des falaises, eau transparentes et peu de dégradations par l’homme. Nous essayons de nager le plus possible (en combi l’eau est autour de 15 dégrée…)

Nous sommes désormais en attente d’une fenêtre météo favorable pour traverse le golfe de Gascogne.